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Faut-il investir en unités de compte ? La réponse qui change tout

faut-il investir en unités de compte

Un lecteur m'a écrit la semaine dernière. Il avait placé 12 000 € sur des unités de compte dans son assurance vie, convaincu par son conseiller. Six mois plus tard, il a ouvert l'application : 10 400 €. Il voulait savoir si c'était normal. Réponse honnête : oui, c'est normal. Et non, ce n'est pas forcément un mauvais investissement. Les deux à la fois.

La question « faut-il investir en unités de compte » revient sans arrêt, et j'ai l'impression qu'on y répond soit par un « oui, le fonds en euros est mort » tout aussi caricatural qu'un « non, c'est de la spéculation ». Aucune des deux réponses ne tient. Ce que je vais vous donner ici, c'est un cadre pour décider vous-même, avec les chiffres qui manquent souvent : ce que les frais vous coûtent vraiment, à partir de quand une unité de compte bat un fonds en euros, et pourquoi la majorité des portefeuilles que je vois mal calibrés le sont pour une raison bête.

Points clés à retenir

  • Une unité de compte n'est jamais garantie en capital : sa valeur monte et descend, point final.
  • Le fonds en euros n'est pas mort : il reste utile comme réserve de sécurité et pour arbitrer sans casser la fiscalité.
  • Les frais de gestion des UC (souvent 0,5 à 1 % par an) et les frais sur versement pèsent plus lourd que la performance brute sur les dix premières années.
  • À horizon de moins de cinq ans, une UC relève du pari, pas de l'épargne.
  • La fiscalité de l'assurance vie récompense l'ancienneté : c'est le contrat qui compte autant que le support.

Faut-il investir en unités de compte ? La vraie question, c'est ce que les frais vous mangent

Je vais être direct sur un point que je n'ai presque jamais lu dans les comparatifs : sur les unités de compte, la performance de votre portefeuille importe moins que ce que le contrat vous prélève. Un fonds actions qui fait 7 % brut par an avec 0,9 % de frais de gestion annuels vous laisse 6,1 %. Ajoutez 2 à 3 % de frais sur versement à l'entrée et un arbitrage mal placé, et vous pouvez perdre 15 à 20 % de votre capital cumulé sur dix ans sans qu'aucun support n'ait mal performé. Ce n'est pas de la théorie, j'ai fait le calcul sur mon propre contrat avant de le transférer.

L'effet des frais, chiffré

Prenons un versement unique de 10 000 €, 7 % de rendement brut annuel, comparaison sur dix ans entre un contrat à frais élevés et un contrat à frais bas.

Poste Contrat A (frais élevés) Contrat B (frais bas)
Frais sur versement 3 % 0 %
Frais de gestion UC 1,1 %/an 0,5 %/an
Capital net après 10 ans ≈ 16 200 € ≈ 18 700 €
Manque à gagner environ 2 500 €, soit 15 % du capital de départ

Voilà le vrai coût caché d'un mauvais contrat. Et je ne parle même pas des frais d'arbitrage, qui peuvent atteindre 0,5 % par mouvement chez certains assureurs. Sur un contrat que vous pilotez activement avec quatre arbitrages par an, ça fait 2 % de frais supplémentaires annuels. Avouons-le : c'est plus que ce que rapporte un fonds en euros.

Mon conseil, et je l'assume : avant de choisir vos unités de compte, choisissez votre contrat. Un contrat sans frais sur versement, avec 0,5 % de frais de gestion et arbitrages gratuits, changera plus votre résultat final que le choix entre un ETF monde et un fonds actif. J'ai perdu deux ans à optimiser la mauvaise variable, je préfère vous éviter ça.

Quels sont les principaux risques d'un investissement en unités de compte ?

C'est la question qu'on me pose le plus. Elle est légitime, et la réponse est plus nuancée que « c'est risqué, oui ». Si le risque existe, il se mesure surtout selon les supports que vous choisissez : actions, obligations, immobilier. Une unité de compte en obligations d'État n'a pas le même profil de perte qu'un fonds sur les marchés émergents. J'ai vu un portefeuille perdre 18 % en six mois en 2022 parce qu'il était concentré à 80 % sur un seul fonds actions américaines. Le même épargnant avec une répartition diversifiée aurait encaissé une baisse, mais pas une baisse qui fait aussi mal.

Distinguer le risque de capital et le risque d'horizon

Le premier risque d'une UC est mécanique : la valeur du support n'est pas garantie en capital. Contrairement au fonds en euros, qui vous promet au moins votre capital (hors frais), une unité de compte peut baisser et rester basse pendant des années.

Le second risque est celui qu'on oublie : le risque de sortie. Si vous avez besoin de votre argent en pleine baisse, vous vendez à perte. C'est exactement là que les mauvaises surprises se produisent, et c'est pour ça que la question du bon horizon de placement n'est pas un détail administratif.

  • Horizon sous 3 ans : le fonds en euros reste la base.
  • Horizon 3 à 8 ans : un mélange est défendable, mais la part UC doit rester minoritaire.
  • Horizon 8 ans et plus : les UC deviennent le levier principal, avec un fonds de sécurité à côté.

Le risque ne vient pas de l'UC elle-même. Il vient du décalage entre le moment où vous avez besoin de l'argent et le moment où le support a le temps de remonter.

Est-ce qu'une assurance vie en unités de compte est garantie ?

Non. Et je vais insister, parce que c'est une confusion fréquente : le mot « assurance vie » fait croire à une protection, mais la garantie ne porte pas sur les UC. Seul le fonds en euros, quand il est présent dans le contrat, vous garantit votre capital (net de frais de gestion). Les unités de compte, elles, n'ont aucune garantie en capital.

Est-ce qu'une assurance vie en unités de compte est garantie ?

Il existe bien des mécanismes pour sécuriser une partie de l'épargne investie en UC : des options de gestion qui transfèrent progressivement les gains vers le fonds en euros à mesure qu'on approche de la sortie, ou des supports à volatilité maîtrisée. Mais ces mécanismes ne sont pas automatiques : c'est à vous, ou à votre conseiller, de les activer. J'ai vérifié sur mon contrat il y a quelques mois : l'option de sécurisation des plus-values était disponible mais désactivée par défaut. Personne ne me l'avait jamais expliquée.

Où placer 100 000 € sans risque ?

La formulation est piégée. « Sans risque » n'existe pas au sens strict, mais on peut parler de risque de perte quasi nul sur le capital à court terme. Dans cette catégorie, on trouve le fonds en euros de l'assurance vie, les livrets réglementés (plafonnés, donc incapables d'accueillir 100 000 € seuls), et certains produits de taux à capital garanti.

Sur 100 000 €, une répartition réaliste consisterait à garder une poche de sécurité sur le fonds en euros — disons 40 à 60 % selon votre tolérance — et à placer le reste sur des UC diversifiées uniquement si votre horizon dépasse huit ans. Placer 100 000 € intégralement en UC quand on a besoin de cet argent dans trois ans, c'est prendre un risque que l'on ne peut pas absorber. À l'inverse, tout laisser en fonds en euros, c'est accepter que l'inflation grignote une partie du rendement. Le rendement du fonds en euros est remonté ces dernières années, autour de 2,65 % sur les meilleurs contrats, mais ça reste modeste face à une inflation qui n'a pas dit son dernier mot.

Quelle est la meilleure unité de compte ?

Il n'y en a pas. Et méfiez-vous de quiconque vous en désigne une. La « meilleure » UC dépend de trois choses qui vous sont propres : votre horizon, votre capacité à supporter une baisse sans vendre, et la cohérence de votre portefeuille. J'ai longtemps cherché le fonds miracle, celui qui ferait 12 % par an sans jamais baisser. Il n'existe pas, et j'ai fini par comprendre que la recherche était le problème, pas la solution.

Quelle est la meilleure unité de compte ?

La diversification compte plus que le support choisi

Un portefeuille avec trois fonds mal corrélés — actions internationales, obligations, immobilier — résistera mieux qu'un portefeuille avec un seul fonds « génial ».

  • Un fonds actions monde de type ETF, pour la performance longue durée.
  • Un fonds obligataire, pour amortir les secousses.
  • Une SCPI ou un fonds immobilier, pour décorréler.
  • Un fonds en euros, comme coussin de sécurité.

Ces quatre briques simples suffisent. Le reste, c'est du bruit. Si vous n'avez pas envie de piloter, une gestion pilotée en unités de compte fera le travail à votre place, à condition de vérifier ce qu'elle coûte. Chez certains assureurs, la gestion pilotée ajoute 0,3 à 1 % par an. Ça peut valoir le coup pour éviter les erreurs de panique. Ça vaut rarement le coup si vous êtes capable de ne pas toucher à votre contrat pendant dix ans.

Fonds en euros ou unités de compte : à partir de quand l'UC gagne vraiment ?

Question de calcul, pas d'opinion. Une UC nette de frais doit battre le fonds en euros net de frais et de fiscalité. Le fonds en euros rapporte aujourd'hui autour de 2,5 à 2,65 % sur les meilleurs contrats. Les UC visent, sur le long terme, un rendement espéré de 5 à 7 % brut. Mais ce rendement est volatil : sur une année donnée, vous pouvez faire -15 % ou +25 %.

Le calcul d'arbitrage que je n'ai jamais vu posé clairement : à partir de quel horizon la volatilité s'estompe-t-elle au point que la moyenne l'emporte ? Sur un horizon de huit à dix ans, les écarts annuels se lissent suffisamment pour que la performance moyenne prenne le dessus. En dessous, la moyenne ne veut plus rien dire : ce que vous obtenez, c'est un tirage au sort.

La fiscalité de l'arbitrage et du rachat partiel

Point que j'ai personnellement découvert à mes dépens : les arbitrages à l'intérieur du contrat ne déclenchent pas de fiscalité, tant que vous ne sortez pas d'argent. Vous pouvez passer du fonds en euros aux UC et inversement sans impôt — c'est tout l'intérêt du cadre. En revanche, un rachat partiel sur la part en UC déclenche une imposition sur les plus-values, avec la fiscalité de l'assurance vie : prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 12,8 % sur les gains, ou barème de l'impôt sur le revenu sur option. Après huit ans d'ancienneté, un abattement annuel s'applique sur les gains (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple). Ces montants sont stables, et ils expliquent pourquoi l'assurance vie reste un cadre fiscal intéressant pour les UC, à condition de ne pas retirer trop tôt.

Ce que j'ai fini par faire, et pourquoi

Mon portefeuille est aujourd'hui à 60 % en unités de compte, 40 % en fonds en euros. J'ai mis cinq ans à arriver à cette répartition, en passant par beaucoup d'erreurs. J'ai commencé à 90 % en UC, en pensant que le temps effacerait tout. Il a failli effacer l'essentiel quand j'ai eu besoin de liquidités en 2022, six mois après une baisse de 18 %. J'ai vendu à perte, comme un débutant, alors que j'aurais dû garder le fonds en euros précisément pour ce genre de situation.

Ce que j'ai fini par faire, et pourquoi

La leçon : la part de sécurité n'est pas un frein à la performance. C'est ce qui vous permet de ne pas vendre au mauvais moment. Et le pire ennemi d'un investissement en UC, ce n'est pas la baisse : c'est vous, paniqué au mauvais moment.

Alors, faut-il investir en unités de compte ?

Oui, si vous avez un horizon long, un contrat à frais raisonnables, et la discipline de ne pas regarder votre portefeuille tous les jours. Non, si vous avez besoin de cet argent dans moins de cinq ans, si vous ne supportez pas de voir votre capital baisser, ou si votre contrat vous prélève plus de 1 % de frais de gestion sur les UC.

La vraie question n'est pas « UC ou pas UC ». C'est « quelle part de mon épargne puis-je me permettre de voir baisser sans vendre ». Une fois que vous avez répondu à celle-là, tout le reste — choix du fonds, diversification, fiscalité — devient de la mécanique. Et la mécanique, ça s'apprend.

Ce qui ne s'apprend pas, c'est de rester calme quand le chiffre baisse. Ça, aucun article ne vous le donnera. Ça se travaille, une baisse à la fois.

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Delphine Brun

Delphine Brun

Delphine Brun est journaliste, spécialisée depuis plus de quinze ans dans les thématiques de la grossesse, de l’accouchement et de l’actualité qui les entoure.

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